Le Pacte National


Sommaire

Préambule


L'identité

Le régime politique

Le développement

Les relations extérieures


L'identité

L'identité de notre peuple est une identité arabo-islamique spécifique qui prend ses racines dans un passé lointain glorieux et qui aspire à pouvoir faire face aux défis de l'époque.
La situation de notre pays, dans une région qui fut le berceau de grandes civilisations humaines, a habilité notre peuple, au fit des siècles, à contribuer à la civilisation humaine et lui a conféré l'aptitude à la rénovation et à la créativité.

Carthage a été l'une des deux plus grandes puissances du monde antique. Notre peuple est fier du génie d'Hannibal autant qu'il l'est de l'héroïsme de Jughurta, tout comme la Tunisie est fière d'avoir été le point de départ de conquêtes qui ont permis de transmettre le message de la civilisation arabo-islamique au Maghreb arabe, au nord de la Méditerranée et en Afrique ainsi que des génies qu'elle a produits comme l'Imam Sohnoun, le savant Ibn Khaldoun et le réformateur Khéreddine.

Aussi, la Tunisie, partie intégrante du monde arabe et de la nation islamique, est-elle attachée à son arabité et à son islamité. La langue arabe s'est étendue à toute sa population pour devenir, depuis des siècles, la langue du discours, de l'écrit et de la culture et l'Islam s'y est répandu pour toucher tous les habitants sans sectarisme ni clanisme.

La communauté nationale est appelée à renforcer la langue arabe afin qu'elle soit la langue de la communication, de l'administration et de l'enseignement. Il est, certes, nécessaire de s'ouvrir aux autres civilisations et aux autres langues, notamment celles de la science et des techniques, mais il est évident que la culture nationale ne saurait évoluer que dans et par la langue nationale et l'on se doit, à cet égard, d'éviter la coupure entre l'élite et les masses populaires, car cela risquerait de frapper l'élite de stérilité et d'isoler les masses populaires de la modernité.

L'arabisation est une exigence civilisationnelle pressante. Elle constitue l'une des meilleures garanties pour transformer la modernité en acquis populaire et pour en faire une partie de l'entendement général. Il est nécessaire d'œuvrer à l'évolution de la langue nationale pour qu'elle soit une langue de science et de technologie, assume la pensée contemporaine, qu'il s'agisse d'innovation ou de créativité et contribue, à juste titre, à la civilisation humaine.

L'Etat tunisien veille sur les nobles valeurs islamiques et s'y réfère afin que l'Islam constitue une source d'inspiration et de fierté et soit ouvert aux préoccupations de l'humanité, aux problèmes de l'époque et à la modernité et que la Tunisie demeure, comme elle l'a été, l'un des centres du rayonnement islamique et un pôle de la science et de l'Ijtihad, et perpétue ainsi le rôle avant-gardiste joué par Kairouan et par la Zitouna.

Nos penseurs doivent suivre l'exemple des hommes de renaissance et de réforme qui avaient eu l'honneur d'opérer un changement qualitatif qui allait créer les conditions de rupture avec l'époque du déclin et de la décadence, ouvrir aux générations actuelles la voie leur permettant d'être au diapason de l'époque et d'accéder aux connaissances modernes et constituer une plate-forme solide pour le progrès et l'essor social et pour l'avènement d'une société civile, dynamique et évoluée, à l'édification de laquelle avaient notamment contribué le collège Sadiki et la Khaldounia. L'un des plus importants fruits de ce mouvement a été l'appel à l'émancipation de la femme.

Le Code du Statut Personnel et les lois le complétant sont venus, après l'indépendance, introduire un ensemble de réformes dont les plus importantes sont l'abolition de la polygamie, l'octroi à la femme du droit de se marier sans tuteur, une fois qu'elle a atteint l'âge de raison, et l'institution de l'égalité entre l'homme et la femme concernant le divorce et ses procédures. Ces réformes visent à libérer la femme et à l'émanciper, conformément à une aspiration fort ancienne dans notre pays se fondant sur une règle solide de l'Ijtihad, et sur les objectifs de la Chariaâ et constituant une preuve de la vitalité de l'Islam et de son ouverture aux exigences de l'époque et de l'évolution.

L'Etat tunisien se doit de conforter cette orientation rationnelle qui procède de l'Ijtihad et d'œuvrer pour que l'Ijtihad et la rationalité aient clairement leur impact sur l'enseignement, les institutions religieuses et les moyens d'information.