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A - Une couverture sociale large
Une panoplie de textes législatifs et réglementaires a permis d'étendre
la couverture sociale à la quasi-totalité de la population active occupée.
En effet, dans le secteur public, les régimes de sécurité
sociale qui concernaient initialement les fonctionnaires et ouvriers titulaires de l'Etat, des collectivités
publiques locales et des établissements publics administratifs ont été étendus par
étapes, aux agents temporaires et occasionnels et aux agents des établissements publics à
caractère industriel et commercial et des entreprisses nationales dont l'affiliation est prévue par
décret. La loi n°85-12 du 5 mars 1985 relative au régime de pensions civiles et militaires de
retraite et de survivants(1), a consacré le principe de couverture de tous les agents publics
quel qu'en soit le statut, le sexe et le mode de rémunération.
Dans le secteur privé, les régimes de sécurité sociale
concernaient en 1960, les salariés du secteur non agricole. Ils ont été étendus aux
étudiants (1965)(2), aux pêcheurs (1977)(3), aux salariés agricoles (1981)(1)
et aux travailleurs indépendants dans les secteurs agricole et non agricole ( 1982) (2).
En 1995, le régime des travailleurs indépendants a été
unifié; il couvre désormais de la même façon les indépendants agricoles et non
agricoles.
Cet effort d'extension de la couverture sociale ne s'est pas limité aux
personnes résidant en Tunisie. Une attention particulière a été accordée aux
travailleurs tunisiens exerçant à l'étranger et ce, à travers deux types d'instruments
:
-- Les conventions de sécurité sociale :
Pour les travailleurs tunisiens à l'étranger, l'effort de consolidation
des droits sociaux s'est traduit par la conclusion de 10 conventions bilatérales de sécurité
sociale avec les pays d'accueil de nos travailleurs : la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Allemagne,
l'Italie, l'Autriche, l'Algérie, la Libye et le Maroc. Toutes ces conventions consacrent les principes d'égalité
de traitement avec les nationaux du pays d'emploi, de libre transfert des prestations dans le pays d'origine, nonobstant
toute clause restrictive liée à la résidence, et de coordination des droits à pension.
Des pourparlers sont en cours avec d'autres pays d'accueil en vue de conclure des conventions bilatérales
de sécurité sociale . Il s'agit en l'occurrence de l'Espagne, la Grèce et la Suisse.
De même, l'accord d'association conclu en 1995 avec l'Union Européenne
a consacré le principe d'égalité des ressortissants des pays signataires en matière
de sécurité sociale
-- La réglementation interne :
Pour les travailleurs tunisiens employés dans des pays non liés
avec la Tunisie par une convention de sécurité sociale, le décret n°89-107 du 11 janvier
1989(1) a mis en place un système d'assurance volontaire couvrant les soins de santé pour
le travailleur et les membres de sa famille restés en Tunisie, ainsi que le risque vieillesse, invalidité
et décès. Ce texte est venu combler un vide pour un grand nombre de travailleurs, salariés
ou indépendants, exerçant dans des pays divers au Moyen Orient, en Europe ou en Amérique,
en leur permettant de bénéficier d'une couverture sociale adéquate. Il traduit une nouvelle
fois, l'importance accordée à notre colonie à l'étranger.
Il apparaît ainsi que la sécurité sociale couvre actuellement
la quasi-totalité de la population active occupée.
En effet, la plus grande partie des catégories socio-professionnelles que
ce soit les salariés agricoles ou non agricoles ou ceux qui travaillent pour leur propre compte, ont droit
à la sécurité sociale. Le IXème plan de développement économique
et social (1997-2001) a inscrit dans ses objectifs la réalisation des études pour parachever la couverture
légale des rares catégories qui ne sont pas encore couvertes : employés de maison, travailleurs
agricoles saisonniers.....
Les réalisations en matière d'extension de la couverture sociale
ainsi que les objectifs tracés dans le IXème plan en la matière, traduisent une
volonté politique pour l'élargissement du champ d'application du droit à la sécurité
sociale à toutes les catégories de la population et par conséquent leur droit à une
couverture efficace contre les risques de la vie dans le respect de la dignité humaine. Ces choix et cette
volonté ne se sont pas limités aux aspects légaux et réglementaires de la question
; mais se sont portés aussi sur l'amélioration de la couverture réelle transformant ainsi
le droit légalement reconnu, en droit effectif.
Dans les faits, le nombre des assurés sociaux en activité a augmenté
de deux tiers en l'espace de 9 ans passant de 900.745 en 1987 à 1.510.179 en l996. Le taux de couverture
a atteint près de 77 % en 1996 et il est prévu qu'il atteigne 90 % en l'an 2001. L'évolution
est plus importante au niveau du nombre des bénéficiaires des pensions de retraite, d'invalidité
et de survivants qui a presque doublé pendant la même période passant de 178.870 en 1987 à
339.207 en 1996.
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