Chapitre IV

Les droits des handicapés en Tunisie

   


 

Le droit à l'éducation

Pour une égalité des chances

L'intégration scolaire des handicapés

L'intégration scolaire constitue la pierre angulaire du processus d'insertion sociale du handicapé. Elle se présente sous deux formes : totale, dans une classe ordinaire ou partielle, dans une classe spéciale dans un établissement ordinaire.

Le principe de l'intégration scolaire est énoncé par l'article 10 de la loi relative à la protection et à la promotion des handicapés(1) ainsi libellé : «l'éducation et la rééducation se feront autant que possible dans les établissements d'éducation ordinaire».

Pour donner effet à ce principe, l'accent a été mis sur la suppression de tout obstacle à cette intégration afin d'offrir aux enfants et jeunes handicapés les moyens et conditions optimum d'accès et de maintien dans le système d'enseignement ordinaire et l'adoption des mesures d'appui nécessaires à la concrétisation de cette orientation.

Parmi ces mesures on peut citer notamment les circulaires du Ministre de l'Education n°124 (1989) et n°19 (1993) portant dispositions particulières destinées à faciliter le suivi par les handicapés de leur scolarité et le programme national d'intégration scolaire mis en oeuvre en collaboration entre le Ministère des Affaires Sociales (Institut de Promotion des Handicapés) et le Ministère de l'Éducation (1990-1991) dont l'objectif consiste à mettre en place un système cohérent d'intégration scolaire des handicapés.

L'action qui est menée dans ce cadre revêt plusieurs aspects:

Sensibilisation de l'environnement scolaire (directeurs d'écoles, enseignants, élèves) et information sur le droit des handicapés à l'intégration scolaire et leur aptitude à poursuivre une scolarité normale avec le cas échéant un soutien particulier.

  • Suppression des barrières architecturales dans un grand nombre d'établissements scolaires
  • Offrir des services de soutien pédagogique, psychologique, orthophonique et autres aux élèves intégrés dans les écoles ordinaires.
  • Offrir des conditions particulières répondant aux besoins spécifiques de chaque élève handicapé dans les salles de classe.
  • Réduire de cinq le nombre des élèves d'une classe d'intégration pour chaque handicapé intégré.
  • Instituer des dérogations à la réglementation scolaire notamment en ce qui concerne l'âge d'admission à l'école et la possibilité de reprendre les études après une longue interruption pour des soins.
  • Appliquer des mesures particulières de soutien aux handicapés lors du passage des examens et concours nationaux telles que suppression de la dictée pour les enfants sourds, assurer le service d'une tierce personne pour l'écriture, prolongation de la durée des épreuves, déplacer le centre d'examen pour les élèves handicapés hospitalisés.

Il est à signaler qu'une grande souplesse est appliquée dans ce domaine afin de permettre à la direction de l'établissement et aux cadres enseignants de prendre toute disposition nécessitée par l'état de l'élève handicapé.

Les mesures adoptées ont eu pour conséquence d'accroître le nombre des handicapés intégrés totalement dans les classes ordinaires.

Il est à signaler que l'effectif total des handicapés intégrés dans les classes ordinaires a atteint durant l'année scolaire 95/9: 8350* élèves dont 6318 au niveau primaire et 2032 au niveau secondaire

L'intégration partielle a été envisagée par ailleurs pour certaines catégories de déficients auditifs et mentaux légers qui présentent des difficultés à suivre un cursus normal malgré les activités de soutien dont ils ont bénéficié.

L'intégration partielle a été entamée comme expérience pour les enfants sourds à l'initiative d'une organisation non gouvernementale : l'Association Tunisienne d'Aide aux Sourds.

Elle a été néanmoins retenue comme orientation fondamentale et étendue aux enfants handicapés mentaux après évaluation de l'action d'intégration totale mise en oeuvre dans le cadre du programme national d'intégration scolaire, effectuée deux ans après son adoption.

L'expérience de l'intégration partielle a été entreprise en étroite collaboration entre les trois départements concernés à savoir les Ministères des Affaires Sociales, de la Santé Publique et de l'Education, et les associations oeuvrant dans ce domaine.

Ce type d'intégration offre le double avantage de permettre à l'enfant handicapé d'être admis dans un milieu scolaire ordinaire d'une part, et de bénéficier d'une scolarité adaptée à ses aptitudes et son rythme scolaire d'autre part.

Elle demeure toutefois de portée limitée et ce en raison de la démarche prudente adoptée compte tenu des préalables qui doivent être assurés pour garantir son efficacité : planification des besoins, élaboration de programmes spécifiques, de méthodes et supports didactiques appropriés, critères d'orientation et d'évaluation, encadrement et formation du personnel enseignant, etc...

L'extention de cette expérience reste tributaire des résultats positifs de l'évaluation de cette expérience envisagée pendant la période du IXème plan (1997-2001).
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(1) Op. Cit.. p. 11.
* Source : Ministère de l'Education