Le droit à l'éducation
Pour une égalité des chances
L'intégration scolaire des handicapés
L'intégration scolaire constitue la pierre angulaire du processus
d'insertion sociale du handicapé. Elle se présente sous deux formes : totale, dans une classe ordinaire
ou partielle, dans une classe spéciale dans un établissement ordinaire.
Le principe de l'intégration scolaire est énoncé
par l'article 10 de la loi relative à la protection et à la promotion des handicapés(1)
ainsi libellé : «l'éducation et la rééducation se feront autant que possible
dans les établissements d'éducation ordinaire».
Pour donner effet à ce principe, l'accent a été
mis sur la suppression de tout obstacle à cette intégration afin d'offrir aux enfants et jeunes handicapés
les moyens et conditions optimum d'accès et de maintien dans le système d'enseignement ordinaire
et l'adoption des mesures d'appui nécessaires à la concrétisation de cette orientation.
Parmi ces mesures on peut citer notamment les circulaires du Ministre
de l'Education n°124 (1989) et n°19 (1993) portant dispositions particulières destinées à
faciliter le suivi par les handicapés de leur scolarité et le programme national d'intégration
scolaire mis en oeuvre en collaboration entre le Ministère des Affaires Sociales (Institut de Promotion
des Handicapés) et le Ministère de l'Éducation (1990-1991) dont l'objectif consiste à
mettre en place un système cohérent d'intégration scolaire des handicapés.
L'action qui est menée dans ce cadre revêt plusieurs
aspects:
Sensibilisation de l'environnement scolaire (directeurs d'écoles,
enseignants, élèves) et information sur le droit des handicapés à l'intégration
scolaire et leur aptitude à poursuivre une scolarité normale avec le cas échéant un
soutien particulier.
- Suppression des barrières architecturales dans un grand
nombre d'établissements scolaires
- Offrir des services de soutien pédagogique, psychologique,
orthophonique et autres aux élèves intégrés dans les écoles ordinaires.
- Offrir des conditions particulières répondant aux
besoins spécifiques de chaque élève handicapé dans les salles de classe.
- Réduire de cinq le nombre des élèves d'une
classe d'intégration pour chaque handicapé intégré.
- Instituer des dérogations à la réglementation
scolaire notamment en ce qui concerne l'âge d'admission à l'école et la possibilité
de reprendre les études après une longue interruption pour des soins.
- Appliquer des mesures particulières de soutien aux handicapés
lors du passage des examens et concours nationaux telles que suppression de la dictée pour les enfants sourds,
assurer le service d'une tierce personne pour l'écriture, prolongation de la durée des épreuves,
déplacer le centre d'examen pour les élèves handicapés hospitalisés.
Il est à signaler qu'une grande souplesse est appliquée
dans ce domaine afin de permettre à la direction de l'établissement et aux cadres enseignants de
prendre toute disposition nécessitée par l'état de l'élève handicapé.
Les mesures adoptées ont eu pour conséquence d'accroître
le nombre des handicapés intégrés totalement dans les classes ordinaires.
Il est à signaler que l'effectif total des handicapés
intégrés dans les classes ordinaires a atteint durant l'année scolaire 95/9: 8350* élèves
dont 6318 au niveau primaire et 2032 au niveau secondaire
L'intégration partielle a été envisagée
par ailleurs pour certaines catégories de déficients auditifs et mentaux légers qui présentent
des difficultés à suivre un cursus normal malgré les activités de soutien dont ils
ont bénéficié.
L'intégration partielle a été entamée
comme expérience pour les enfants sourds à l'initiative d'une organisation non gouvernementale :
l'Association Tunisienne d'Aide aux Sourds.
Elle a été néanmoins retenue comme orientation
fondamentale et étendue aux enfants handicapés mentaux après évaluation de l'action
d'intégration totale mise en oeuvre dans le cadre du programme national d'intégration scolaire, effectuée
deux ans après son adoption.
L'expérience de l'intégration partielle a été
entreprise en étroite collaboration entre les trois départements concernés à savoir
les Ministères des Affaires Sociales, de la Santé Publique et de l'Education, et les associations
oeuvrant dans ce domaine.
Ce type d'intégration offre le double avantage de permettre
à l'enfant handicapé d'être admis dans un milieu scolaire ordinaire d'une part, et de bénéficier
d'une scolarité adaptée à ses aptitudes et son rythme scolaire d'autre part.
Elle demeure toutefois de portée limitée et ce en
raison de la démarche prudente adoptée compte tenu des préalables qui doivent être assurés
pour garantir son efficacité : planification des besoins, élaboration de programmes spécifiques,
de méthodes et supports didactiques appropriés, critères d'orientation et d'évaluation,
encadrement et formation du personnel enseignant, etc...
L'extention de cette expérience reste tributaire des résultats
positifs de l'évaluation de cette expérience envisagée pendant la période du IXème
plan (1997-2001).
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(1) Op. Cit.. p. 11.
* Source : Ministère de l'Education
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