Le droit à la protection sociale
Préserver la dignité du citoyen
Une constante de la politique de protection des handicapés est d'offrir à cette catégorie
de la population un cadre affectif et un environnement favorable à son épanouissement et d'habiliter
la famille et le milieu familial à les prendre en charge et leur assurer les soins et les services appropriés.
Les mesures de protection sociale visent principalement les handicapés
ayant des aptitudes physiques et mentales très réduites qui rendent difficile, voire impossible,
leur intégration aux systèmes ordinaires de la société.
Elles ont pour objectif essentiel de maintenir le handicapé
au sein du milieu familial tout en lui assurant la garantie des soins et des moyens de subsistance et des conditions
de vie décentes.
Vu l'importance du rôle qui incombe à la famille du
handicapé et du besoin où elle se trouve d'être soutenue, plusieurs mesures ont été
arrêtées pour apporter l'appui nécessaire à la cellule familiale dans son action de
prise en charge du handicapé.
Cette aide revêt plusieurs aspects. Elle peut être matérielle
et/ou morale et également technique compte tenu de la contribution de plus en plus affirmée de la
famille dans le domaine de l'éducation et de la réadaptation.
Gratuité des soins
Les handicapés bénéficient de la gratuité
des soins et d'hospitalisation dans les institutions publiques de santé.
Les handicapés titulaires de la carte de handicapé
prioritaire avec accompagnant ont également accès aux soins dans les polycliniques de la Caisse Nationale
de Sécurité Sociale même s'ils ne sont pas assurés sociaux.
Aide permanente aux handicapés nécessiteux
A cet effet, un programme spécifique d'aide aux handicapés
profonds nécessiteux a été institué, il est venu s'ajouter aux programmes d'assistance
aux familles nécessiteuses et aux personnes âgées à domicile et dans lesquels la priorité
est accordée aux personnes handicapées incapables de travailler et de subvenir à leurs besoins.
Les personnes handicapées perçoivent dans ce cadre
une allocation trimestrielle dont le montant est valorisé en fonction de l'augmentation des prix des produits
de première nécessité qui bénéficient d'une compensation de l'Etat.
Prise en charge à domicile
Depuis 1994 un système de prise en charge et de réadaptation
des handicapés dans le milieu familial a été développé par l'institution d'une
subvention de réadaptation à domicile au profit des associations qui assurent des prestations de
soins, d'hygiène, des activités d'éveil et de rééducation aux personnes atteintes
d'un handicap mental ou physique profond et aux polyhandicapés.
Ce type d'intervention vise à développer des services
adaptés à domicile au profit du handicapé, à encadrer sa famille et l'initier à
certaines méthodes et techniques de rééducation et le cas échéant la soulager
d'un nombre de tâches souvent éprouvantes. Grâce à l'institution de cette subvention,
certaines associations spécialisées dans la prise en charge des grands handicapés à
domicile ont vu le jour tandis que d'autres associations et sections d'associations ont développé
cette forme d'intervention.
Cette subvention est servie par l'Etat au titre des handicapés
nécessiteux et par les caisses de sécurité sociale au titre des assurés sociaux.
Prestations de sécurité sociale
La réforme en 1994(1) du régime de réparation
des préjudices résultant des accidents du travail et des maladies professionnelles dans le secteur
privé et l'institution en 1995 (2) d'un régime particulier au secteur public, ont porté
extension de la couverture des risques professionnels, amélioration des prestations et revalorisation des
taux de l'indemnisation. Conformément à la nouvelle réglementation aussi bien dans le secteur
public que privé, l'orphelin handicapé bénéficie, en cas de decès du tuteur,
de la rente viagère d'accident de travail sans condition d'âge.
Outre la prise en charge des appareillages et des frais de soins
et de réadaptation par les caisses de sécurité sociale, les handicapés assurés
sociaux bénéficient des allocations familiales sans condition d'âge et tant qu'ils ne sont
pas à même d'entreprendre une activité professionnelle.
Ils bénéficient également du capital décès,
des pensions d'orphelins et des prestations de prévoyance sociale, s'ils sont dans l'impossibilité
permanente et absolue de se livrer à un travail salarié.
De même, les mères fonctionnaires ayant 15 ans de cotisation
et qui ont un enfant handicapé profond peuvent obtenir la retraite anticipée.
Les critères d'octroi des aides et prestations sociales de
subsistance, en limitant le bénéfice de l'assistance aux personnes atteintes d'un handicap sévère,
illustrent bien le choix de la Tunisie visant à valoriser la personne handicapée, à développer
chez elle le sens des responsabilités et l'esprit d'initiative et susciter sa participation active à
l'action de développement.
Prise en charge institutionnelle
Il est à signaler enfin, que la situation particulière
de certains handicapés a nécessité une prise en charge institutionnelle. Il s'agit des handicapés
mentaux sans soutien familial pour lesquels le maintien dans le milieu naturel ou le placement familial n'a pas
été possible.
A cet effet, deux centres socio-éducatifs ont été
créés; l'organisation de ces centres en "unités de vie" a pour objectif de rapprocher
le modèle de prise en charge le plus possible du modèle sécurisant de fonctionnement de la
cellule familiale.
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(1) Op. Cit.. p. 26.
(2) Op. Cit.. p. 28.
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