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La consolidation d'une protection environnementale
sauvegardant les droits de l'Homme
1.2. Les politiques de préservation de l'hygiène et de la salubrité du milieu
Un milieu sain, un milieu propre, est celui qui n'engendre pas de
maladies portées par différents vecteurs engendrant des maladies infectieuses ou épidémiologiques
(kyste hydatique, hépatite, diphtérie bilharziose...). Les principales sources de la pollution de
notre environnement-cadre de vie sont au nombre de deux, d'origine industrielle et même, tout banalement,
domestique: il s'agit des rejets dans le milieu récepteur et des déchets.
1.2.1. L'assainissement
Un autre mal provenant de l'urbanisation croissante de notre pays
est celui des eaux usées. L'homme, dans son désir de modernité, en est arrivé à
saturer les espaces urbains disponibles, créant ainsi des potentialités de pollution nombreuses,
à l'ampleur desquelles les pouvoirs publics n'étaient pas toujours préparés à
réagir. Pourtant, si l'on voulait rechercher une genèse à l'action gouvernementale en matière
d'environnement, c'est réellement vers l'assainissement qu'il faudrait se tourner. C'est par lui, en effet,
qu'est protégée, en amont et de manière indiscutable, la santé de l'homme: des maladies
graves, provenant des mauvaises conditions hydriques, comme la leishmaniose par exemple, ont aujourd'hui disparu
de notre paysage sanitaire.
Ainsi, depuis deux décennies, la Tunisie a considérablement
investi dans cet assainissement et ce, grâce à l'action continue d'un établissement public
industriel et commercial, en l'occurrence l'Office National de l'Assainissement (ONAS)(1). Grâce
à lui, le chiffre de la population branchée sur le réseau public d'assainissement atteignit,
en 1996, 4,6 millions, ce qui constitue un taux de branchement total, dans les zones urbaines desservies, de 77%(2).
Le réalisme est néanmoins un des maîtres mots
de sa stratégie et l'O.N.A.S. sait parfaitement qu'un certain nombre d'autres actions dans le domaine de
l'assainissement sont encore à réaliser, notamment les actions de branchement dans certaines zones
-- qui demeurent en-deçà de la moyenne nationale -- et surtout le branchement des quartiers d'habitat
spontané où les installations individuelles et semi-collectives des habitants constituent autant
de vecteurs de maladies et de pollution.
Dans le but de compléter efficacement cette action et de
lui donner une impulsion nouvelle, toujours en raison de l'impact négatif des mauvaises conditions - ou
de l'inexistence - d'assainissement sur la santé humaine et, plus largement, sur la propreté de l'environnement,
un Programme présidentiel d'assainissement de 300 quartiers populaires a été décidé
lors de la tenue d'un Conseil Ministériel Restreint, le 18 février 1989. Ce sont en effet ces quartiers,
nés de l'habitat anarchique, qui posent les problèmes les plus aigus d'installation de réseaux
publics d'assainissement du fait de leur implantation dans des zones initialement impropres à l'habitation.
Ainsi, et malgré le fait que les installations des canalisations soient beaucoup plus onéreuses dans
ces quartiers-là, à cause du non respect des règlements d'urbanisme et de la construction,
ce programme (départagé en deux phases 1989-1991 et 1992-1997) a été effectivement
réalisé entre les années 1989 et 1997. Devant la réussite et l'impact fort positif
de cette action, un second programme doit démarrer en 1998, devant faire bénéficier 238 autres
quartiers populaires de l'installation de réseaux publics d'assainissement, ces programmes ont permis de
faire bénéficier un million d'habitants des services de l'assainissement. Le droit à un environnement
sain aura alors beaucoup plus de réalité pour les habitants de ces quartiers désormais intégrés
au tissu urbain.
L'O.N.A.S. a également une autre action s'inscrivant dans
la protection des droits de l'homme: il s'agit de sa stratégie de préservation des ressources hydrauliques(3).
Cette action, fondamentale, est réalisée de différentes manières parmi lesquelles nous
pouvons citer d'abord l'équipement des villes en stations d'épuration(4), même en
dehors des zones côtières(5), dont certaines équipées d'émissaires
marins, destinés à améliorer la qualité des eaux de baignade et le sable des plages.
Tout cet arsenal d'installations tend à une économie flagrante d'eau puisque, grâce à
elles, les eaux épurées ne sont désormais plus rejetées dans le milieu naturel mais
récupérées pour l'agriculture ou l'arrosage des terrains de golf.
L'ONAS s'avère donc être le véritable instigateur
et conseiller d'une politique de promotion et de protection de cette ressource si précieuse pour l'homme
qu'est l'eau, puisqu'il propose à son ministère de tutelle les incitations à caractère
technique ou financier à instaurer dans le domaine de l'assainissement, comme il poursuit, par ailleurs,
des actions de sensibilisation, d'étude et de recherche dans le cadre de sa mission.
1.2.2. La gestion des déchets
Si l'on se limite, dans une première étape, aux seuls
déchets domestiques (ordures ménagères) les chiffres relevés sont effrayants: la production
des ordures ménagères collectées par les municipalités est de l'ordre de 1.200.000
tonnes par an pour l'ensemble de la population urbaine, ce qui revient à une production moyenne d'ordures
ménagères en milieu urbain de 0,48kg par habitant et par jour. A ces ordures ménagères
se rajoutent, bien sûr les dangereux et toxiques déchets produits par les industries. En fait, ce
ne sont pas tant ces chiffres qui sont inquiétants que la situation du traitement de tous les déchets.
En effet, la plupart des sites de décharge existants actuellement sont de véritables sources de danger
pour l'homme: mal contrôlés et mal gérés, n'obéissant à aucun système
de triage des déchets, souffrant de problèmes d'élimination de ces mêmes déchets,
il leur fallait une rapide et adéquate réaction. De plus, jusqu'à récemment, il n'existait
aucun contrôle sur la production de déchets par les industries de divers ordres.
Ce fut le fait de la loi 96-41 du 10 juin 1996 relative aux déchets
et au contrôle de leur gestion et de leur élimination. La gestion des déchets est, du fait
de ce texte, devenue écologique : un ensemble d'obligations sont mises à la charge des détenteurs,
producteurs, transporteurs, exportateurs ou importateurs de déchets, ainsi que des personnes physiques ou
morales chargées de leur élimination et ce, en vue de préserver le milieu et gérer,
de la manière la plus adéquate possible, les activités liées aux déchets.
Nous pouvons d'abord citer l'obligation celle qui consiste à
récupérer les déchets engendrés par les matières ou produits que ces professionnels
écoulent, donc à supporter tous les frais engendrés par cette opération. Dans le même
ordre d'idées, nous placerons l'obligation nouvelle consistant à éliminer leurs déchets
et à participer, obligatoirement, à d'autres systèmes de récupération et d'élimination
de déchets provenant de produits similaires ou identiques(6).
Nous avons ensuite l'obligation de mettre en place des systèmes
de reprise des déchets d'emballage, avec obligation d'adhérer à tout système créé
de collecte, de transformation et de valorisation (7).
Nous avons, enfin, certaines obligations qui peuvent se surajouter
à toutes celles-ci, prises par décret sur proposition du ministre de l'Environnement et de l'Aménagement
du Territoire, et consistant, notamment, dans la fabrication, le conditionnement, la détention et la commercialisation
de certaines catégories de produits et ce, afin de faciliter leur élimination par la suite.
Mais toutes ces mesures, nous le voyons, s'appliquent aux déchets
provenant des "professionnels" de divers ordres. Concernant les déchets et ordures ménagers,
il convient, à présent, de citer le Programme National de Gestion des Déchets Solides, plus
connu sous le nom de PRONAGDES, mis en place depuis 1993.
Elaboré par le ministère de l'Environnement et de
l'Aménagement du Territoire, conformément aux orientations du Programme d'Action National pour l'Environnement
et des derniers Plans de développement, il se fonde sur les deux principes classiques du droit de l'environnement,
à savoir celui du producteur-récupérateur et celui du pollueur-payeur. Il prévoit,
par ailleurs, la mise en place, à la source de la production des déchets solides, de multiples actions
ponctuelles s'inscrivant dans le cadre d'une gestion des déchets volontariste: réhabilitation ou
fermetures des décharges sauvages, réalisation de décharges contrôlées dans les
villes chefs-lieux de gouvernorat et les communes touristiques, construction de quatre unités de compostage
des déchets ménagers, construction de trois unités de traitement et de stockage des déchets
et réalisation de projets de démonstration (8).
Parallèlement à toutes ces actions et dans la logique
actuelle de désengagement de l'Etat et des personnes publiques d'une manière générale,
les communes sont en train de confier les opérations de collecte et de gestion des déchets ménagers
à des opérateurs privés, sur la base de contrats d'affermage. Nous en sommes actuellement
à 33% du nombre total de communes ayant, soit déjà privatisé cette gestion, soit devant
le faire dans un proche avenir. Il semblerait, en effet, que la qualité du service offert par les opérateurs
privés, ainsi que la rentabilité économique des opérations de gestion des déchets
soient meilleures lorsqu'elles sont assurées par des entreprises privés. Le citoyen sera donc, au
point de vue de la salubrité de son milieu, le gagnant de cette politique de désengagement.
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(1)L'ONAS a vu le jour en 1974 mais il est actuellement organisé par la loi 93-41 du 19 avril 1993.
(2) L'ONAS contrôle également l'état du réseau d'égoûts existant pour diagnostiquer
son état.
(3) Sur la préservation des ressources naturelles, voir les développements de notre (2).
(4) Ce qui nous donne le circuit suivant: les eaux usées rejetées par les citoyens transitent par
les réseaux d'égoûts, les stations de pompage pour aboutir dans les stations d'épuration
pour être dépolluées. Avant d'être rejetées, elles sont d'abord contrôlées.
(5) La plupart des stations d'épuration ont été, au départ, installées sur le
littoral à cause de la conjugaison de la concentration de la population, des industries et des unités
touristiques sur cette zone, et du danger que représente le déversement des eaux usées en
mer pour les baigneurs.
(6) Article 9 de la loi 96-41.
(7) C'est d'ailleurs ainsi qu'a été créé le système public de reprise des emballages
utilisés par le décret n° 97-1102 du 2 juin 1997.
(8) A titre d'exemple, nous citerons le programme de tri sélectif des ordures ménagères réalisé
depuis 1994 à la cité El Khadhra.
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