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L'école des Droits de l'Homme
1 - Les droits de l'Homme dans les programmes d'enseignement
Un examen attentif des programmes officiels et des manuels scolaires
mis en place pour répondre aux objectifs du système éducatif tels qu'ils se dégagent
de la loi du 29 juillet 1991 montre qu'ils sont sous-tendus par une ligne directriSce cohérente qui traverse
toutes les disciplines pour les faire contribuer, explicitement ou implicitement, à l'acquisition des vertus
civiques et des valeurs universelles des droits de l'Homme.
L'intégration des Droits de l'Homme aux programmes s'appuie
sur les choix suivants:
a) Généraliser l'éducation aux droits
de l'Homme à tous les niveaux de l'enseignement à travers toutes les disciplines et plus spécialement
l'éducation civique en tant que matière principale.
b) Chaque matière examinera la question d'un angle
spécifique sans toucher la cohérence d'ensemble .
c) L'apprentissage des langues étrangères doit
s'inscrire dans une optique d'ouverture sur «l'autre», dans un esprit de compréhension, de tolérance
et de dialogue.
Quant aux objectifs, ils se répartissent comme suit:
1- Apprendre aux jeunes les concepts fondamentaux des droits
de l'Homme, les principes de la vie sociale et civique, l'organisation administrative et politique ainsi que les
institutions internationales.
2 - Susciter chez les jeunes l'esprit critique et développer
en eux l'aptitude à réfléchir par eux-mêmes sur les questions nationales ou internationales.
3 - Susciter chez l'apprenant des attitudes nouvelles et
des «savoir-être» conformes aux idéaux démocratiques et au respect des droits de
l'Homme.
Pour mieux superviser l'Education aux droits de l'Homme et assurer
la diffusion de la culture démocratique conformément aux objectifs nationaux et dans le respect des
conventions et traités internationaux que la Tunisie a ratifiés et dans le cadre de la Décennie
des Droits de l'Homme (1995-2004) décidée par l'organisation des Nations Unies, le Président
de la République a ordonné, le 3 avril 1996, la création de la Commission Nationale pour l'Education
en matière des Droits de l'Homme. Présidée par le Ministre de l'Education, elle regroupe des
représentants des ministères et des organisations concernés par les questions relatives aux
droits de l'Homme ainsi que les associations qui militent en faveur de ces idéaux.
La Commission Nationale a pour mission d'établir des rapports
concernant les réalisations dans le domaine de l'éducation aux droits de l'Homme dans l'espace scolaire
et universitaire ainsi que dans les centres de formation professionnelle. Ces rapports font également l'inventaire
des études, recherches et publications réalisées en la matière et font état
des opérations de sensibilisation menées en direction de l'opinion publique par les médias.
La Commission a en outre pour mission de proposer une stratégie
nationale en matière de droits de l'Homme conformément aux objectifs des Nations Unies et en collaboration
avec des organismes tels que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, l'UNESCO et le
Centre des Droits de l'Homme de Genève.
A) LES TEXTES NATIONAUX
- La Constitution de la République Tunisienne, promulguée
en 1959 et plusieurs fois amendée. Elle constitue le texte qui régit la vie politique et garantit
les libertés publiques et les droits de l'Homme.
- Le Code de Statut Personnel, promulgué le 13 août
1956 et amendé, en particulier, le 12 juillet 1993. Unique en son genre dans le monde arabe et en Afrique
, ce Code a permis , à travers l'application de ses clauses, de reconnaître et de consacrer les droits
de la femme et de consolider ses acquis, dans le sens de la consécration du principe de l'égalité
entre les deux sexes et de leur droit égal à l'enseignement, à la formation, à l'emploi
et à l'exercice des responsabilités à l'intérieur et à l'extérieur du
cercle familial. L'un des principaux bienfaits de ce Code réside dans l'influence qu'il a eue sur la vie
sociale et politique, en favorisant très tôt, la transformation des mentalités, la généralisation
de la mixité et l'initiation des jeunes gens et des jeunes filles, côte-à-côte, à
la citoyenneté et au labeur au service de la promotion du pays.
- La Déclaration du 7 Novembre 1987, qui est le texte-document
énonçant les fondements et les principes sur lesquels a reposé le Changement, ainsi que les
voies et moyens qui permettent d'édifier la société civile nouvelle, fondée sur la
liberté, la démocratie, la justice sociale, la tolérance et la mise à contribution
de tous les membres de la collectivité dans l'accomplissement de la responsabilité patriotique et
l'action au service du pays.
- Le Pacte National (1988).
- Le Code de protection de l'enfant: promulgué le 9 novembre
1995, ce Code a pour finalité la protection de l'enfant, son éducation dans la fierté de son
identité nationale et son appartenance civilisationnelle, et sa préparation en vue d'une existence
libre et responsable au sein d'une société civile solidaire dans laquelle prévalent les valeurs
d'égalité, de tolérance et de modération. Le Code garantit les droits de l'enfant à
la sollicitude et à la protection qu'il place parmi les grands choix nationaux et dont il prône la
vulgarisation et la diffusion à plus grande échelle.
- Le Code électoral, promulgué en 1969 et amendé
en 1988, 1990 et 1993.
B) LES TEXTES INTERNATIONAUX
Il s'agit essentiellement des textes onusiens ci-après:
- La Déclaration Universelles des Droits de l'Homme (1948);
- Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques
(1996);
- Le Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux
et culturels (1966); et
- La Convention internationale sur les droits de l'enfant.
L'éducation en matière de droits de l'Homme prend
en outre appui sur d'autres textes onusiens qui ont été conçus à partir des textes
référentiels susmentionnés ou qui sont venus les compléter. Ces textes portent notamment
sur la consécration des valeurs de tolérance, l'élimination de toutes les formes de fanatisme
et de discrimination fondés sur la religion ou la croyance, l'autodétermination, l'octroi de l'indépendance
aux peuples colonisés, l'interdiction de toute discrimination ayant pour motif le sexe, le travail, la fonction
ou la religion, ainsi que les textes qui se rapportent aux crimes de guerre, aux crimes contre l'humanité,
à l'esclavage, au servage et toutes pratiques similaires, à la protection des prisonniers, à
la condamnation de la torture et aux droits des catégories qui ont besoin de soins particuliers, tels que
les handicapés.
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