Chapitre II

Education et Droits de l'Homme en Tunisie

   


 

Une Société éducative


3 - Pas de laissés pour compte

Le pari sur l'homme repose en Tunisie sur une devise : «Promouvoir tout l'homme et promouvoir tous les hommes». De ce principe elle fait un devoir. «... Nous continuerons, proclame le Président Ben Ali, à assurer la promotion de l'homme qui est la finalité ultime de notre politique de développement.» (6 juin 1992).

Aucune catégorie sociale ne doit rester en dehors des préoccupations du projet économique et social de l'ère nouvelle. Tous les besoins spécifiques doivent être pris en compte.

- Dès le 14 mars 1989, une loi (89-52) relative à la promotion et à la protection des handicapés est adoptée. Elle leur assure le droit à l'éducation, à la formation professionnelle, à l'emploi et à l'insertion socio-économique.

La loi du 29 juillet 1991 relative au système éducatif garantit que l'Etat «veille, autant que faire se peut, à assurer les conditions adéquates aux handicapés... de bénéficier de leur droit à la formation scolaire» (art.4).

La loi du 17 février 1993 relative à l'orientation de la formation professionnelle spécifie qu'il «faut prendre des dispositions spéciales pour la formation des handicapés».

Parmi les innombrables mesures en faveur des handicapés, il faut noter la création d'un institut de promotion des handicapés dont la fonction est d'assurer la formation et le recyclage des cadres spécialisés.

Toutes ces mesures s'inscrivent dans la conception tunisienne de la solidarité et de la dignité humaine. Elles rejoignent le droit humanitaire international, telle la Convention relative aux droits de l'enfant dont l'article 23 reconnaît à l'enfant handicapé le droit de bénéficier de soins spéciaux ainsi que d'une éducation et d'une formation appropriées pour lui permettre de mener une vie pleine et décente, dans la dignité, et pour parvenir au degré d'autonomie et d'intégration sociale le plus élevé possible.

- l'autre catégorie sociale qui bénéficie de l'attention soutenue de l'Etat, est celle des «déviants» et des «inadaptés» sociaux. En effet, les programmes nationaux d'éducation des adultes et de la formation professionnelle et de l'emploi prévoient des dispositions spéciales pour faciliter l'insertion sociale de ces catégories.

Pour venir en aide aux jeunes exposés aux risques de la délinquance, des centres de défense et d'intégration sociales ont été créés. Leurs statuts et fonctions sont définis par la loi du 8 novembre 1993(1). Ils sont destinés à prévenir la délinquance juvénile et les différents aspects de l'inadaptation sociale. Ils offrent également une éducation spécialisée aux jeunes en situation d'échec scolaire et à ceux qui quittent les maisons de redressement. Ils sont ouverts aux garçons et aux filles.

- Dans le cadre du dispositif de l'éducation des adultes, la population carcérale bénéficie d'un programme spécial d'alphabétisation et de formation afin de faciliter l'insertion sociale et prévenir la récidive.

Voilà esquissés à grands traits tous les aspects de l'effort tunisien en faveur du développement culturel de tous les citoyens. La Tunisie est fondée de soutenir qu'elle a réalisé en grande partie les recommandations de la Conférence Mondiale pour l'Education Pour Tous (Jomtien, Thaïlande, 1990). Si elle est devenue une «société éducative», c'est parce qu'elle croit profondément à la promotion de l'homme qui est désormais l'alpha et l'oméga de sa politique de développement.