Chapitre 1  

Les Droits de l'homme en Tunisie: Choix et réalisations

 
     

       
   

Droits civils et politiques

2 - Consécration de la démocratie et du pluralisme

2-1 Amendement de la Constitution (1988) : suppression de la présidence à vie et de la succession automatique à la Présidence de la République, dans le sens de la réaffirmation de la souveraineté populaire.

2-2 Promulgation de la loi définissant le statut juridique des partis politiques (1988).

2-3 Signature du Pacte National qui a réuni l'ensemble des partis et les diverses sensibilités politiques et civiles  autour des valeurs de nationalisme, d'authenticité, d'ouverture et de tolérance (1988).

2-4 Amendement de la loi organique des communes, dans le but de renforcer la démocratie à l'échelle locale (1995).

2-5 Amendement du Code électoral, à trois reprises en 1988, 1990 et 1993, ce qui a permis de concrétiser, pour la première fois, le pluralisme au sein de la Chambre des Députés, à la suite des élections législatives de 1994. Ce choix politique irréversible s’est consolidé par la promulgation de la loi organique n° 98-93 du 6 novembre 1998, modifiant et complétant certaines dispositions du Code électoral. Les partis d'opposition disposent d'environ 20% au moins du nombre total des sièges à la Chambre des Députés suite aux élections législatives d’octobre 1999.

2-6 Promulgation de la loi n° 97-48 du 21 juillet 1997, relative au financement public des partis politiques, en vue de consolider leurs ressources et de garantir l'accomplissement de leur rôle politique. Cette loi vient renforcer les mesures déjà prévues par le Code électoral quant au financement de la campagne électorale des candidats à la Présidence de la République, à la Chambre des Députés et aux Conseils Municipaux. Ce financement prend la forme soit d'avances, de remboursement, ou de la prise en charge par l'Etat de l'impression des bulletins de vote (Code électoral).

2-7 Promulgation de la loi constitutionnelle n° 97-65 du 27 octobre 1997, portant amendement de certains articles de la Constitution et complétant certaines de ses dispositions. Les amendements portent consécration constitutionnelle des partis politiques, et par là même du multipartisme, en précisant le rôle des partis, les conditions de leur création et les principes démocratiques devant régir leurs activités. Ils portent également sur l'élargissement du domaine du référendum, mécanisme de manifestation directe de la souveraineté populaire, l'abaissement de l'âge minimum de candidature à la Chambre des Députés, qui est ramené à 23 ans, et sur le droit de candidature à la Chambre des Députés de tout citoyen de mère tunisienne, consacrant ainsi l'égalité entre l'homme et la femme, la candidature étant réservée, jusque-là, aux seuls Tunisiens dont le père est tunisien.

2-8 Publication du décret n° 98-479 du 19 février 1998, fixant les formes et modalités de répartition des subventions attribuées aux partis politiques.

2-9 Promulgation de la loi n° 99-27 du 29 mars 1999, complétant la loi n° 97-48 du 21 juillet 1997 relative au financement public des partis politiques. Aux termes de la nouvelle loi, il est attribué aux partis politiques une prime annuelle à titre de contribution à la couverture du coût du papier et de l'impression de leurs organes de presse.

Cette loi a été suivie par la publication du décret n° 99-762 du 10 avril 1999, fixant la subvention annuelle au titre du soutien à la presse des partis politiques et les procédures et modalités de son octroi.

2-10 Promulgation la loi constitutionnelle n° 99-52 du 30 juin 1999, portant dispositions dérogatoires au 3ème alinéa de l'article 40 de la Constitution. Cette loi permet aux premiers responsables des partis de l'opposition (président ou secrétaire général) de se porter candidats à la présidence de la République, à titre exceptionnel pour l'élection présidentielle de 1999, au cas où la condition de présentation du candidat, prévue par l'article sus-indiqué de la Constitution, ne peut être remplie. Toutefois, le candidat doit assurer, le jour du dépôt de sa candidature, ses fonctions depuis au moins cinq années consécutives et son parti ayant un député ou plus à la Chambre des Députés.

2-11 Publication des décrets relatifs à l’organisation des élections présidentielles et législatives du 24 octobre 1999 :

* Le décret n° 99-1541 du 10 juillet 1999, portant convocation du corps électoral pour l’élection du Président de la République  et  des  membres  de  la  Chambre  des  députés, et déterminant les délais de dépôt de candidature pour les élections présidentielles et législatives ainsi que les primes octroyées au titre d’aide au financement de la campagne électorale.

* Le décret n° 99-1542 du 10 juillet 1999, fixant les circonscriptions électorales, le nombre des membres de la Chambre des députés et la répartition des sièges par circonscription.

* Le décret n° 99-1543 du 10 juillet 1999, relatif à la délimitation des circonscriptions des centres de scrutin à l’étranger et des conditions de leur fonctionnement

2-12 A l’occasion des élections présidentielles et législatives devant se tenir le 24 octobre 1999, le Président Zine El Abidine Ben Ali déclare, dans son discours du 31 août 1999, sa décision de créer un “Observatoire National des Elections”, réunissant des personnalités nationales indépendantes et chargé de suivre le déroulement des opérations électorales, dans toutes leurs étapes, dans l’indépendance et la non allégeance partisane, et d’établir un rapport d’évaluation à transmettre au Président de la République.

Le 14 septembre 1999, le Chef de l’Etat charge le  Président du Comité Supérieur des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales, de diriger l’ “Observatoire National des Elections”.

2-13 Le Président Zine El Abidine Ben Ali donne, le 10 octobre 1999, le coup d’envoi de la campagne des élections présidentielle et législatives et annonce son programme électoral qui comporte les points  suivants : L’emploi : ma priorité - L’école pour tous : chacun y a une chance - Investir dans le savoir - Une jeunesse apte à affronter un avenir en mutation - Perspectives renouvelées devant la femme - Une compétitivité plus élevée et une économie plus diversifiée - Pouvoir d’achat et bien-être pour le citoyen - Développement durable - Les Tunisiens à l’étranger au  cœur de la patrie - Des horizons plus larges pour les régions - Une administration au diapason du rythme du Changement - Une société libre et pluraliste - Présence dans l’espace mondialisé de la communication et rayonnement de notre culture -  Un partenariat international efficient, diversifié et global - une culture de liberté, de tolérance et de solidarité.

2-14 Les premières élections présidentielles pluralistes dans l’histoire de la Tunisie se déroulent le 24 octobre 1999. Le Président Zine El Abidine Ben Ali est élu pour un nouveau mandat. Les élections législatives tenues le même jour consacrent l’option pluraliste. La présence de l’Opposition à la Chambre des députés s’est, en effet, renforcée en totalisant 34 sièges.

2-15 Le Président Zine El Abidine Ben Ali annonce, le 7 novembre 2000, sa décision d’augmenter le financement public des partis politiques, ainsi que des subventions accordées à leur organe de presse.

2-16 En concrétisation des décisions et mesures annoncées par le Chef de l’Etat à cette occasion, et en consolidation du pluralisme politique et de la participation des régions, le Conseil des ministres tenu le 15 novembre 2000 examine un projet de loi relatif aux conseils régionaux. Ce texte est venu consolider les attributs de la démocratie locale par l’adjonction de membres élus à choisir parmi les conseillers municipaux ou les membres des conseils ruraux, et ce, aux côtés des membres existants, de sorte que les membres élus représentent le tiers des membres du conseil régional.

2-17 Ces réformes sont venues consolider la démocratie et consacrer le pluralisme politique en Tunisie qui est devenu, depuis le 7 novembre 1987, un processus irréversible et une réalité concrète, et l'opposition qui siège, depuis les élections de 1994, à la Chambre des Députés, est representée au sein de ses commissions.

Un processus de consultation est instauré avec les partis politiques et les organisations nationales représentatives de diverses catégories sociales.

Les dirigeants des partis politiques sont reçus régulièrement par le Chef de l'Etat et leurs partis participent activement aux différentes consultations nationales, organisées autour des grandes réformes entreprises, depuis le Changement du 7 Novembre 1987.

Ils participent, également, aux travaux du Conseil Economique et Social, organe consultatif institué par la Constitution, du Conseil Supérieur de Développement, instance qui détermine les grandes orientations et stratégies de la politique du développement économique et social du pays et du Conseil Supérieur de la Communication qui a pour mission, entre autres, de donner avis pour assurer une information libre, pluraliste et crédible.